Mathurin Jules BIENVENUE

né le 26 mai 1893 à St Gilles Vieux Marché,
fils de Mathurin BIENVENU et Mathurine LE BOUDEC, demeurant à « Kersaudy ».
Célibataire.

M BIENVENUESoldat Mathurin BIENVENUE

Extrait du livre « La commune de St Gilles-Vieux-Marché, Au Champ d’Honneur 1914-18 », écrit par la Comtesse de KERANFLEC’H, édité en 1920 :

« Mathurin Bienvenue est né en 1893 à Saint-Gilles-Vieux-Marché. Parti de Paris le 6 août 1914 avec le 76e de ligne, il entrait quelques jours plus tard dans le feu de la bataille et, dans une lettre très vivante, il en décrit à sa famille les perpétuelles allées et venues et les multiples péripéties. « Le feu a commencé vers 10 heures du matin, toute la journée on a reçu des balles et des obus sans pouvoir tirer un coup de fusil. Notre lieutenant qui portait le drapeau a été une des premières victimes… Le soir, on la couché dans un champ. Le lendemain nous avons été attaqués par l’ennemi ; notre artillerie a pu tirer, mais nous avons été obligés de battre en retraite, j’ai perdu ma compagnie et ne me suis retrouvé que le soir avec le chef. Le 25, le 46e d’Infanterie a repoussé trois fois (l’ennemi) sur la route de Longuyon, mais il n’y avait pas de renfort et ils ont été obligés de se replier, on a couché dans un bois. »
Mathurin raconte encore comment il a tué plusieurs Boches en chargeant à la baïonnette : « deux étaient contre des pommiers, les autres contre des tas d’avoine. » Il dit les marches et les contre-marches si fatigantes qui suivirent la bataille de Charleroi et la retraite, incomprise de nos troupes qui ignoraient le manque de munitions et l’avance foudroyante de l’ennemi. Enfin le 10 septembre, après la Marne, l’ennemi bat en retraite, le régiment attaque à Neuville-Sur-Orne; encore une fois le lieutenant est tué, on passe la nuit à la lisière d’un bois par un très mauvais temps. Mathurin est légèrement blessé : un éclat  d’obus lui fracture l’annulaire de la main gauche. Evacué à Nice, il revient bientôt au front et de nouveau il est blessé à Vauquois, le 15 mars 1915 ; cette fois plus sérieusement par un éclat de grenade en pleine poitrine. Revenu une seconde fois au front, il reçoit la Croix de guerre avec une citation à l’Ordre du Régiment le 1er janvier 1916. Le 3 avril de la même année, nouvelle et très belle citation, cette fois à l’Ordre de la Division. Blessé une troisième fois à Bouchavesnes (Somme), le 25 septembre 1916, Mathurin Bienvenue a le pied gauche très abîmé par une balle qui lui a fracturé deux orteils ; il est longtemps à se remettre. En juin 1917, il est au dépôt de Rodez où il reçoit du Commandant de ce dépôt le droit de porter l’insigne des blessés. C’est de là qu’il est envoyé à Salonique d’où il reviendra mourir à l’hôpital de Nîmes. La fièvre et la maladie ont terrassé le vaillant que les balles ennemies n’avaient pu vaincre et qui avait pu traverser des jours si critiques avec des blessures relativement légères.

Mathurin Bienvenue a obtenu les distinctions suivantes :
Croix de guerre avec deux citations :

Ordre du Régiment. 1er Janvier 1916.
Le Lieutenant-Colonel Viala, commandant le 76e, cite à l’Ordre du Régiment le soldat Bienvenue, Mathurin :
« A donné maintes preuves de bravoure depuis le début de la campagne. Blessé deux fois, est revenu au front aussitôt guéri. »

Ordre de la 125e Division.  3 Avril 1916.
Est cité à l’Ordre de la Division le soldat Bienvenue, Mathurin, du 76e Régiment d’Infanterie.
« A fait preuve de bravoure, d’énergie et d’initiative au cours d’une patrouille pour l’exécution de laquelle il était volontaire, s’est porté résolument sur un petit poste ennemi qu’il a criblé de grenades, permettant ainsi à ses camarades d’accomplir leur mission. »

Cette citation à l’Ordre de la Division jointe à sa mort glorieuse donne au soldat Bienvenue le droit à la Médaille militaire (décoration posthume).

« Le Commandant du Dépôt du 76e Régiment d’Infanterie certifie que Bienvenue (Mathurin), soldat de la classe 1913, a droit au port du ruban avec étoile émaillée rouge constituant l’insigne spécial pour les blessés de guerre au cours de la campagne actuelle contre l’Allemagne et ses alliés.
A Rodez, le 18 juin 1917. »

M BIENVENUE Fiche

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